Un pull acheté 35 euros en octobre qui bouloche sous les bras dès la troisième semaine, se détend aux poignets et finit au fond d'un tiroir avant Noël : c'est le scénario le plus courant, et il coûte plus cher qu'il n'y paraît. Savoir choisir un pull homme demande pourtant peu de connaissances. La pièce que vous porterez le plus entre novembre et mars mérite ces cinq minutes.
Ce qu'il faut retenir avant d'acheter :
- La matière d'abord : laine mérinos pour le quotidien, lambswool pour la chaleur, cachemire pour la douceur.
- Le col décide de l'usage : rond pour tout faire, V sur une chemise, roulé à la place de la chemise.
- La jauge (finesse de la maille) dit si le pull se glisse sous une veste ou se porte seul.
- Un pull de bonne facture coûte entre 70 et 150 euros, et se garde cinq hivers.
- Les bords-côtes trahissent la qualité : ils doivent revenir en place quand on les étire.
Quelle matière choisir pour un pull homme ?
Le diamètre de la fibre, mesuré en microns, explique pourquoi une laine gratte et une autre non. En dessous de 20 microns environ, la plupart des peaux ne sentent plus rien. Le cachemire tourne autour de 15 à 16 microns, le mérinos fin entre 17 et 21, le lambswool et le shetland nettement au-dessus.
| Matière | Toucher | Chaleur | Prix courant | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|
| Laine mérinos fine | Lisse, ne gratte pas | Moyenne à élevée | 60 à 150 € | Le bureau, sous une veste, les peaux sensibles |
| Lambswool (laine d'agneau) | Souple, un peu duveteux | Élevée | 50 à 120 € | Le week-end, le col rond sur une chemise oxford |
| Shetland | Rustique, sec | Élevée | 80 à 180 € | Les looks campagne, le tweed, le velours |
| Cachemire | Très doux, léger | Très élevée | 150 à 400 € | Le confort maximal, les tenues habillées |
| Alpaga | Doux, légèrement poilu | Très élevée | 90 à 220 € | Le grand froid, les peaux qui réagissent à la lanoline |
| Coton | Frais, plus lourd | Faible | 40 à 100 € | La mi-saison, les hommes qui ont chaud |
| Mélange avec acrylique | Doux en boutique, bouloche vite | Moyenne | 20 à 45 € | À éviter pour un pull qu'on veut garder |
Notre conseil pour un premier achat : le mérinos. Il se porte à même la peau ou sur un tee-shirt, ne retient pas les odeurs (on peut l'aérer une nuit plutôt que le laver) et passe en machine sur un programme laine à 30 degrés. Le lambswool vient en second, pour un pull plus épais qu'on enfile le samedi.
Le cachemire mérite une précision. Un pull à 70 euros annoncé « cachemire » est souvent un mélange à faible taux ou une fibre courte qui peluche vite. Le vrai deux fils commence vers 150 euros. Nous avons consacré un classement entier aux meilleures marques de pull cachemire homme, avec des repères de prix et de composition.
Quant à l'étiquette, elle ne ment pas : la composition fibreuse des textiles vendus dans l'Union européenne est encadrée par le règlement européen n° 1007/2011, qui réserve notamment la mention « laine vierge » à une laine qui n'a jamais été incorporée dans un produit fini. Lisez-la avant le prix.
Col rond, col V, col roulé : quel col pour quel usage ?
Le col fixe ce que vous porterez dessous, et donc à quelles occasions le pull servira. Un homme qui n'a qu'un pull devrait choisir le col rond.
Le col rond, pour tout faire
Il se porte seul, sur un tee-shirt blanc dont on laisse dépasser un millimètre, ou sur une chemise à col boutonné dont seul le col ressort. Choisissez une encolure qui épouse la base du cou sans serrer : trop large, elle s'avachit en deux saisons.

Le col V, sur une chemise
Le col V a été pensé pour accompagner une chemise, avec ou sans cravate. Gardez un V modéré, qui s'arrête à mi-sternum. Plus profond, il prend un air des années 1990 qui ne va à personne. Porté sur la peau nue, il ne fonctionne pas.
Le col roulé, à la place de la chemise
Il remplace la chemise et la cravate d'un seul geste, sous un blazer ou un manteau. Il demande une maille fine et un col qui tient debout tout seul. Notre guide pour porter un pull col roulé homme détaille les matières et les associations.
Le col camionneur et le cardigan
Le col camionneur (col montant zippé ou boutonné) donne un air sportif et protège bien le cou sous une veste en cuir ou un blouson. Le cardigan, lui, s'ouvre et se ferme selon la température : c'est le plus modulable de tous, et il se traite comme une veste légère.
Jauge et épaisseur : maille fine ou grosse maille ?
La jauge désigne le nombre d'aiguilles par pouce (2,54 cm) sur la machine à tricoter. Plus elle est élevée, plus la maille est fine. Elle figure rarement sur l'étiquette, mais se voit à l'œil.
- Jauge 12 à 16 : maille très fine, presque lisse. Se glisse sous une veste de costume ou un blazer sans épaissir les épaules.
- Jauge 7 à 9 : maille moyenne, le pull de tous les jours, assez chaud pour sortir sans manteau à 10 degrés.
- Jauge 3 à 5 : grosse maille, côtes larges ou torsades. Se porte seul ou sous un manteau ample, jamais sous une veste ajustée.
Une règle simple : plus la pièce portée par-dessus est structurée, plus la maille doit être fine. Un gros pull torsadé sous un blazer homme tire sur les boutons et déforme les revers. Les carrures déjà larges ont aussi intérêt à éviter les torsades épaisses, qui ajoutent du volume au buste.
Coupe et taille : les repères à vérifier en cabine
Un pull qui tombe mal ne se rattrape pas, même dans la plus belle laine. Quatre repères suffisent, à vérifier debout puis bras levés.
- Les épaules : la couture d'emmanchure tombe au bout de l'épaule, pas deux centimètres plus bas sur le bras.
- La longueur : l'ourlet s'arrête à la ceinture ou juste en dessous, en couvrant la boucle sans descendre sur les hanches.
- Les manches : elles finissent à l'os du poignet, sans plisser sur la main. Le bord-côte doit tenir la manche quand vous la remontez.
- L'aisance : pincez le tissu sur le flanc. Deux à trois centimètres de chaque côté pour un pull à porter sous une veste, un peu plus pour un pull de week-end.
Si vous hésitez entre deux tailles, prenez la plus petite pour une maille fine, la plus grande pour une grosse maille, qui a tendance à se resserrer après le premier lavage. Levez les bras : si le ventre apparaît, le pull est trop court.
Comment reconnaître un pull bien fait ?
Quelques gestes, une minute en tout, révèlent le soin apporté à la fabrication.
Étirez le bord-côte du poignet sur quelques centimètres, puis relâchez : il doit reprendre sa forme aussitôt. Un bord-côte qui reste ouvert le sera définitivement après trois portages. Tendez ensuite le pull devant une lampe. Une maille dense laisse passer peu de lumière ; une maille clairsemée annonce un pull froid et vite déformé.
Regardez les coutures d'épaule. Sur les pulls dits « diminués » (en anglais fully fashioned), chaque pièce est tricotée directement à la forme, et l'on voit de petites marques de diminution le long de l'emmanchure. Les pièces sont ensuite assemblées maille par maille, ce qui donne des coutures plates et souples. Le pull « coupé-cousu », taillé dans un tissu tricoté comme un tee-shirt, présente des coutures plus épaisses. La maille diminuée vieillit mieux.
Dernier test : froissez une manche dans la main pendant dix secondes. Une bonne laine reprend sa forme sans garder de plis marqués.
Quel budget pour un bon pull homme ?
Le meilleur pull homme n'est pas le plus cher, c'est celui qu'on porte quatre hivers sans qu'il se déforme. En dessous de 40 euros, il est très difficile de trouver une laine pure dans une maille correcte : on paie surtout l'acrylique. Entre 70 et 150 euros, on trouve du mérinos ou du lambswool bien tricotés, ce qui suffit à la grande majorité des hommes. Au-delà, on paie le cachemire, l'alpaga, une fabrication européenne ou une marque.
Faites le calcul à l'usage. Un pull en mérinos à 110 euros porté deux fois par semaine pendant cinq mois, cinq hivers de suite, revient à environ 50 centimes par portage. Le pull acrylique à 30 euros abandonné en décembre coûte plus de deux euros chaque fois qu'il a servi.
Quelle couleur acheter en premier ?
Les trois premiers pulls d'un vestiaire se choisissent dans des teintes qui vont avec tout : marine, gris chiné et écru. Le marine habille un jean comme un chino beige, le gris chiné fonctionne avec toutes les couleurs de pantalon, l'écru éclaire une tenue d'hiver souvent trop sombre. Viennent ensuite le vert bouteille, le camel et le bordeaux.
Nous déconseillons le noir pour un premier pull de tous les jours. Il marque la moindre peluche et durcit les traits en lumière d'hiver. Gardez-le pour un col roulé fin, en soirée. Pour aller plus loin dans les associations, notre méthode pour associer les couleurs de ses vêtements tient en quelques règles.
Avec quoi porter son pull ?
Le pull fonctionne avec presque tout le bas du vestiaire, à condition d'accorder les textures. Un col rond en lambswool gris sur un jean homme brut, avec des bottines en cuir : la tenue de week-end la plus sûre. Un mérinos marine sur une chemise oxford blanche et un chino beige, pour le bureau sans cravate. Un shetland vert bouteille avec un pantalon en velours côtelé marron, pour les dimanches de novembre.
Par temps froid, le pull se superpose. Sous un manteau en drap ou un caban homme, une maille moyenne suffit ; sous une parka, la grosse maille trouve sa place. N'empilez jamais deux mailles épaisses.
Les erreurs qui raccourcissent la vie d'un pull
Le cintre d'abord. Une maille suspendue s'étire aux épaules et forme deux bosses impossibles à effacer : un pull se range plié, à plat, sur une étagère. Le lavage trop fréquent ensuite. La laine se lave après cinq à huit portages, pas après chaque journée ; entre deux, une nuit sur le dossier d'une chaise suffit à l'aérer.
Pour le lavage, eau froide ou 30 degrés, programme laine, essorage faible, séchage à plat sur une serviette, loin du radiateur. Jamais de sèche-linge. Les bouloches se retirent au rasoir à maille, en douceur. Au printemps, rangez vos pulls propres (les mites cherchent les fibres tachées) dans une boîte avec un bloc de cèdre ou un sachet de lavande.
Un dernier conseil, et il vaut pour tout le vestiaire masculin : achetez moins, mais mieux. Si vous ne deviez prendre qu'un pull cet hiver, choisissez un col rond en mérinos marine, jauge 12, à votre taille exacte. Il servira sous une veste, sur un bon jean homme, au bureau et en week-end, et vous saurez enfin ce qu'un bon pull change à une tenue.
